Communiqués de presse CONSEIL QUÉBÉCOIS SUR LE TABAC ET LA SANTÉ

Stigmates physiques et psychologiques chez les fumeurs : 1,3 million de Québécois à risque

Les fumeurs sont jusqu’à dix fois plus à risque de souffrir d’un cancer de la bouche et quatre fois plus à risque d’avoir une maladie du cœur que les non-fumeurs, alors que 85 % des cancers du poumon et 60 % des décès liés au cancer de la gorge sont dus au tabagisme, a souligné ce matin le Conseil québécois sur le tabac et la santé (CQTS), en ce premier jour de la Semaine pour un Québec sans tabac 2018.

Parmi les maladies attribuables à ce fléau se trouvent les cancers « tête cou », dont le pronostic est beaucoup plus sombre chez les fumeurs que chez les non-fumeurs, a signalé le Dr Alex Mlynarek, otorhinolaryngologiste et professeur adjoint au Département d’otorhinolaryngologie et de chirurgie cervicofaciale de l’Université McGill. « Les personnes atteintes d’un cancer tête cou qui fument ont davantage de probabilités de souffrir d’un autre cancer, comme celui de l’œsophage, de l’estomac ou du poumon que les personnes qui ne fument pas ou qui ont cessé de fumer. De même, leurs risques de se retrouver à l’urgence ou de devoir être réhospitalisées après une chirurgie sont plus élevés », indique-t-il. « Chez ces patients, les traitements de chimiothérapie sont moins efficaces et les gros fumeurs ont une espérance de vie plus courte que ceux qui fument peu ou pas du tout », a-t-il renchéri. 

Le slogan choc de la campagne traduit hélas cette terrible réalité : Le tabac laisse des marques.  En 2017, environ 1070 Québécois ont reçu un diagnostic de cancer de la bouche au Québec et 300 personnes en sont mortes. L’excision de la tumeur nécessite parfois l’amputation d’une partie de la lèvre, de la langue, du nez. La situation est tout aussi dramatique pour les 345 Québécois qui ont eu un diagnostic de cancer du larynx en 2017 , une maladie qui conduit à une laryngectomie totale chez près d’un patient sur trois. Quant au cancer du poumon, il demeure le plus mortel, puisque 83 % des personnes qui en sont atteintes mourront dans les cinq ans suivant leur diagnostic. 

Le tabac laisse aussi des marques psychologiques

Les 16 cancers et 21 maladies chroniques dus au tabagisme peuvent également causer de nombreuses marques psychologiques, explique Dre Marika Audet-Lapointe, psychologue et neuropsychologue en oncologie et fondatrice de la clinique PSYmedicis. « Fumer contribue à créer une importante dépendance. La personne aux prises avec une grave maladie, ne parvenant pas à choisir de cesser de fumer, se retrouve dans un cercle vicieux. Elle sait que sa maladie causée par le tabac compromet son espérance de vie. Elle est constamment en lutte entre son désir de vivre et des pensées obstacles comme “ de toute façon il est trop tard ″, le jugement de son entourage parce qu’elle ne parvient pas à cesser de fumer, son propre jugement et l’anxiété reliée à l’évolution de la maladie et ses traitements. Pour apaiser cette souffrance intérieure, fumer devient alors une porte de sortie. Or, ceci ne fait que cristalliser le maintien du tabagisme et exacerber cette terrible lutte intérieure. »

On ne choisit pas « sa marque » 

La situation est très préoccupante, selon le CQTS, puisqu’environ 1,3 million de Québécois fument. « La campagne de cette année braque les projecteurs sur les mutilants problèmes de santé auxquels s’exposent les fumeurs. La finale de notre publicité télé est Quelle marque choisirez-vous? Pour les fumeurs malades, il s’agit bien sûr d’un choix très relatif. Quand on achète des produits du tabac, on choisit notre marque. Mais on ne choisit pas la marque causée par une maladie due au tabagisme. Celui-ci mine la santé physique, détériore considérablement la qualité de vie et diminue l’espérance de vie de 10 ans .  On doit agir pour limiter les dégâts de ce grave problème de santé publique! », affirme Marc Drolet, directeur général du CQTS. « J’invite donc les fumeurs, ex-fumeurs et non-fumeurs à poser un geste concret pour réduire les conséquences du tabagisme, lors de la Semaine pour un Québec sans tabac, par exemple en cessant de fumer ou en aidant un proche à le faire. » La population peut également se rendre sur le portail quebecsanstabac.ca afin de profiter des nombreux autres renseignements sur cette problématique et visiter la page Facebook Québec sans tabac, sur laquelle deux capsules vidéo et d’autres publications originales seront diffusées d’ici au 27 janvier.

Cessez de fumer avec les services J’ARRÊTE

Geneviève Brouillette, porte-parole de la Semaine pour un Québec sans tabac, a été touchée de près par le tabagisme. « Beaucoup trop de gens que j’aime sont décédés d’un cancer causé par les produits du tabac dans les dix dernières années. » La comédienne encourage les personnes souhaitant s’affranchir du tabac à utiliser les services J’ARRÊTE. « Ils ont aidé plus de 250 000 fumeurs à s’affranchir de leur dépendance, depuis maintenant 15 ans! Si un quart de million de personnes ont réussi à cesser de fumer, c’est que c’est possible pour tous! N’attendez pas un diagnostic de cancer ou de maladie chronique pour passer à l’action. Faites-le pour vous, faites-le aussi pour ceux qui vous aiment et pour avoir la chance de voir grandir vos enfants et vos petits-enfants », indique-t-elle. Les fumeurs peuvent maximiser leurs chances de réussir en obtenant gratuitement le soutien offert par la ligne téléphonique 1 866 JARRETE (1 866 527-7383), les centres d’abandon du tabagisme et le site jarrete.qc.ca (iquitnow.qc.ca), basé sur la thérapie d’acceptation et d’engagement (ACT), une méthode novatrice pour arrêter de fumer qui a fait ses preuves aux États-Unis. 

Le Défi J’arrête, j’y gagne!

De même, au cours de la Semaine pour un Québec sans tabac, les fumeurs sont invités à relever le Défi J’arrête,  j’y  gagne. En s’inscrivant au Défi, les participants s’engagent à ne pas fumer pendant six semaines, soit du 5 février au 18 mars 2018. Depuis 2000, deux participants sur trois en moyenne ont réussi à ne pas fumer pendant les six semaines, ce qui représente plus de 285 000 personnes. On peut s’inscrire à defitabac.ca jusqu’au 5 février 2018.  

À propos de la Semaine

Coordonnée par le Conseil québécois sur le tabac et la santé (CQTS), la Semaine pour un Québec sans tabac est réalisée grâce au soutien financier du ministère de la Santé et des Services sociaux et avec l’appui indispensable de plus de 300 autres partenaires. Elle invite à l’action et mobilise les milieux de vie afin d’atteindre une société où le tabac et ses conséquences seront moins présents. 

 

Renseignements :
Claire Harvey
Relations médias, CQTS
Tél. : 514 948-5317, poste 229
Cell. : 514 912-8454 
Courriel : charvey@cqts.qc.ca

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