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Enjeux actuels | Publié le 20 septembre 2017

Le tabagisme au pays : de l'an 2000 à aujourd'hui

Crédit : SyhinStas, Thinkstock
Crédit : SyhinStas, Thinkstock

Grâce aux mesures implantées par les gouvernements, aux actions des groupes de soutien à la lutte contre le tabagisme et à la mobilisation de la population, la lutte contre le tabagisme a fait des pas des géants depuis un peu plus de quinze ans. Il ne faut pas se leurrer, la problématique du tabagisme demeure d’actualités, mais il y a néanmoins lieu de se réjouir du chemin parcouru.


Diminution du nombre de fumeurs

Entre 2000 et 2015, le taux d’usage du tabac est passé de 26 % à 17,7 % chez les Canadiens âgés de 12 ans et plus. Parmi l’ensemble de la population, ce sont chez les adolescents âgés entre 12 et 17 ans que le taux a diminué le plus. En effet, le taux de tabagisme de cette tranche d’âge a baissé d’environ 10 % au cours de cette même période.  Comme la grande majorité des fumeurs ont commencé à fumer avant l’âge de 18 ans, ces chiffres laissent présager que l’usage du tabac chez les gens plus âgés continuera de diminuer à mesure que les jeunes d'aujourd'hui atteindront l'âge adulte. C’est d’ailleurs pourquoi la prévention du tabagisme chez les jeunes doit demeurer au cœur de nos préoccupations.


Réduction des risques d’exposition à la fumée secondaire

Depuis un bon nombre d’années, plusieurs mesures ont été mises en place pour protéger les non-fumeurs des dangers du tabagisme passif. On compte notamment l’interdiction de fumer dans les restaurants et les bars (2006), dans les aires communes de certains immeubles d’habitation ou dans les voitures lorsqu’un enfant de moins de 16 ans est présent (2016). Les chiffres prouvent que de telles mesures contribuent véritablement à réduire les risques d’exposition à la fumée secondaire. À la maison, par exemple, la proportion de non-fumeurs canadiens âgés de 12 ans et plus exposés régulièrement à la fumée des autres est passée de 10,6 % en 2003 à 3,9 % en 2014. En ce qui concerne le taux d’exposition à la fumée secondaire dans les véhicules privés ou dans les lieux publics, il a également diminué. Le nombre d’hommes et de femmes canadiens non-fumeurs âgés entre 12 ans et plus qui ont été exposés à la fumée secondaire dans ces endroits est passé de 28,2 % à 16,3 % chez les hommes et de 22,8 % à 7,2 % chez les femmes entre 2003 et 2008.


Des produits du tabac plus cher

Entre 2002 et 2017, la taxe sur la cartouche de 200 cigarettes est passée de 17 $ à 21,56 $ au Canada. Une foule d’études ont révélé que les hausses de taxes ont des effets positifs sur la cessation tabagique ainsi que sur la prévention du tabagisme chez les jeunes. En effet, pour un bon nombre de gens, le prix du paquet de cigarettes représente un incitatif pour écraser pour de bon ou pour ne pas commencer à fumer. 


Des produits moins attirants

Depuis les années 2000, le Règlement sur l’étiquetage des produits du tabac a beaucoup évolué. Les avertissements de santé apparaissant sur les paquets de cigarettes, qui couvraient auparavant 25 % de la surface des emballages, sont passés à 50 % en 2000 et à 75 % en 2011. De plus, c’est  entre 1998 et 2000 que les premiers avertissements de santé comportant des images-chocs ont vu le jour. Avant, ils incluaient seulement des mises en garde. Depuis, de nombreux autres pays ont pris le Canada en exemple et ont emboîté le pas. Enfin, depuis novembre 2016, les cigarettiers doivent respecter de nouvelles exigences au Québec. Plus strictes, celles-ci obligent l’industrie à apposer des mises en garde d’une superficie minimale sur les emballages des cigarettes et des petits cigares.  Bien que certaines personnes mettent parfois en doute leur utilité, ces messages jouent un rôle important. Ils empêchent notamment l’industrie du tabac de cacher les méfaits du tabac, au moyen d’emballage au visuel alléchant. Du coup, ceux-ci contribuent à réduire le tabagisme en rebutant les jeunes curieux à en faire l’achat et en aidant les fumeurs à cesser de fumer grâce aux ressources gratuites disponibles, également promues sur ces avertissements de santé.


Des mesures pour répondre aux enjeux liés aux nouveaux produits

Lorsque de nouvelles mesures sont implantées, l’industrie du tabac lance de nouveaux produits qui défient la règlementation déjà en vigueur. C’est le cas, par exemple, des cigarillos et de la cigarette électronique. Lorsqu’ils ont fait leur apparition sur le marché en 2003, les cigarillos aromatisés tombaient sous la règlementation plus souple des cigares, grâce à leur petit format. Leur apparence et leurs saveurs bonbons ont attiré de nombreux jeunes à s’initier au tabac. Quant à la cigarette électronique, aucun cadre règlementaire ne répondait à ce nouveau gadget. Ce sont pour ces raisons que les gouvernements ne cessent d’adapter la Loi. Au Québec, par exemple, la cigarette électronique et ses liquides sont assujettis à la Loi concernant la lutte contre le tabagisme depuis l’automne 2015. Également, il est interdit de vendre des produits du tabac comportant une saveur ou un arôme autres que ceux du tabac depuis le mois d’août 2016 dans la province.


En raison des lois, des campagnes de sensibilisation ainsi que des programmes de cessation et de prévention mis sur pied au cours des dernières années, le regard de la population sur le tabagisme a beaucoup évolué. En effet, les gens sont plus conscients de ses méfaits et remettent moins en doute les fondements des mesures visant à règlementer son usage. Malgré tout, encore beaucoup de travail reste à faire pour rencontrer l’objectif fixé par Ottawa : un taux de tabagisme de moins de 5 % au pays d’ici 2035. Contribuerez-vous, à votre façon, à la lutte contre le tabagisme?