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Enjeux actuels | Publié le 12 mai 2017

Tabac à l’écran : un piège pour des millions de jeunes

Leonardo DiCaprio, Le Titanic. Source : leplus.nouvelobs.com
Leonardo DiCaprio, Le Titanic. Source : leplus.nouvelobs.com

Êtes-vous allé au cinéma dernièrement? Est-ce que des acteurs fumaient à l’écran? Eh bien, ce n’est malheureusement pas étonnant! Même si la publicité sur le tabac est strictement réglementée au pays, de nombreux films comportent de multiples scènes de tabagisme.

Au cours des trois premiers mois de 2017, la consommation de tabac figurait dans 40 % des films américains populaires destinés aux jeunes. Entre 2002 et 2014, de telles images apparaissaient dans 59 % des plus gros succès du box-office, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Dans un récent rapport, l’OMS explique que les 2/3 des films classés « R » (17 ans et plus) aux États-Unis sont cotés « admission générale » en Ontario. Bref, les jeunes canadiens ont accès à plus de films jeunesse où l’on fume que leurs homologues américains.

Une influence mortelle

Ce phénomène est loin d’être anodin puisque cette stratégie de marketing est plus efficace que n’importe quelle publicité payante. Comme le spectateur n’est pas conscient de l’existence d’un commanditaire, il ne se méfie pas lorsque des acteurs ou actrices allument une cigarette. Dans les films, les méfaits du tabagisme sur la santé et la vie sociale sont rarement montrés, alors que les aventures présentées à l’écran suscitent l’envie ou l’inspiration. Les adolescents, en quête d’identité, y sont particulièrement sensibles. Les vedettes qui fument à l’écran les incitent à fumer. C’est le cas de 37 % des nouveaux fumeurs, indiquent des études menées aux États-Unis. En 2014, la présence du tabac dans les films aurait amené plus de six millions de jeunes à devenir fumeurs, et ce, seulement aux États-Unis. Un terrible drame puisque trois millions d’entre eux risquent de mourir de maladies liées à leur dépendance.

Comment protéger les jeunes du tabac à l’écran?

Au Québec, la Régie du cinéma effectue le classement des films en fonction de la présence de scènes de violence et de sexe, mais rien n’est encore fait pour restreindre les images de consommation de tabac. Dans son rapport, l’OMS recommande notamment de classifier selon l’âge les films comportant des scènes de tabagisme, de diffuser des avertissements antitabac avant les films et de cesser de subventionner les productions faisant la promotion de l’usage du tabac.

Plusieurs pays, comme l’Inde et la Chine, ont pris des mesures pour restreindre les scènes de tabagisme. À quand le Québec?