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À l'école et dans les organismes jeunesse Créer une génération sans tabac

COMMENCER À FUMER EST SOUVENT MOTIVÉ PAR DES INFLUENCES EXTÉRIEURES

Les jeunes sont quotidiennement influencés par l’environnement qui les entoure. Les gens qu’ils côtoient, les émissions et les films qu’ils regardent ainsi que la société ont un grand rôle à jouer dans leur décision de commencer à fumer ou non. S’ils sont confrontés régulièrement à des personnes qui fument, ils sont plus à risque de commencer à consommer du tabac.

L’entourage

L’influence des pairs est un facteur de risque important de l’initiation tabagique. Les jeunes qui ont des amis ou des parents fumeurs sont plus susceptibles de commencer à faire l’usage du tabac.

Les amis

L’adolescence est marquée par le passage de l’école primaire à l’école secondaire. Il s’agit d’une période où les jeunes sont confrontés à l’inconnu, où ils sont à la recherche de leurs repères. À cet âge, l’amitié est très importante. Elle constitue un point d’ancrage pour eux, un moyen de se sentir moins seul.

Pour beaucoup de jeunes, commencer à fumer est une façon d’échanger avec d’autres ou de s’intégrer à un groupe. Aussi, si leurs amis commencent à fumer, il est possible qu’ils soient tentés d’essayer eux-aussi, par peur d’être laissés à l’écart s’ils n’en font pas autant.

La présence d’amis fumeurs dans l’entourage influence le début de la consommation de tabac :

  • Plus de 70 % des jeunes fumeurs prétendent qu’avoir un ami qui fume ou que le fait de subir les pressions de leurs camarades est la principale cause de leur tabagisme.
  • En 2013, près de 48 % des fumeurs mineurs se sont approvisionnés auprès de leurs amis.

La famille

Le tabagisme des parents fait partie des principaux facteurs liés au début de la consommation tabagique chez les jeunes. Lorsque des membres de la famille fument, les jeunes ont l’impression que tout le monde autour d’eux consomme du tabac, que c’est la norme. Pour cette raison, les enfants de fumeurs sont plus susceptibles de commencer à fumer que les autres.

  • En 2011, les jeunes vivant dans une famille où une personne consommait du tabac étaient trois fois plus susceptibles de fumer.
  • En 2013, l’exposition quotidienne à la fumée de tabac à la maison et dans un véhicule automobile touchait respectivement 17 % et 8 % des élèves du secondaire.

Les probabilités qu’un jeune commence à fumer sont aussi plus grandes si ses frères ou ses sœurs fument.

La télévision, le cinéma et le Web

Le tabagisme est présent dans les émissions de télévision, les films et les vidéoclips. Il est plus présent sur nos écrans que dans la vraie vie. La culture qui entoure les jeunes donne souvent la fausse impression que fumer est un comportement répandu, ce qui les incite à s’initier au tabac.

Beaucoup de produits destinés à la consommation des jeunes donnent une trop grande importance au tabagisme :

  • En Ontario, 86 % des films parus dans les dix dernières années et comportant des scènes de tabagisme étaient classés Général, donc sans mise en garde pour les jeunes âgés de 13 ans et moins.
  • Parmi les films les plus populaires ayant pris l’affiche en 2012 en Ontario, 50 % incluaient des scènes de tabac. De ceux-ci, 83 % étaient destinés aux enfants et aux adolescents.
  • 40 % des films américains populaires destinés aux jeunes, parus au cours des trois premiers mois de 2017, comprenaient des scènes de tabagisme.

Malgré ce que l’on pourrait croire, la surreprésentation du tabagisme dont sont responsables les médias a réellement un rôle à jouer dans le début de la consommation tabagique des jeunes :

  • Les adolescents qui sont souvent exposés à des scènes de tabagisme dans des films sont deux à trois fois plus à risque de commencer à fumer.
  • Des études populationnelles américaines de 2012 ont démontré que les scènes de tabagisme au cinéma étaient responsables de l’initiation au tabagisme chez 37 % des nouveaux adolescents fumeurs.
  • Selon une étude canadienne datant de 2010, 44 % des cas d’initiation au tabac chez les jeunes âgés entre 15 et 19 ans sont attribuables au tabac à l'écran.
  • Les adolescents non-fumeurs dont les stars de cinéma préférées font fréquemment usage du tabac à l'écran sont 16 fois plus susceptibles d'avoir une attitude favorable face au tabagisme que les ados dont les acteurs favoris ne fument pas.

La présence excessive du tabac à l'écran ne date pas d'hier. En effet, l'industrie du tabac utilise cette stratégie de marketing pour recruter de nouveaux clients depuis très longtemps.

Le marketing

L’accès aux produits du tabac

Les jeunes sont entourés d’endroits où l’on vend des produits du tabac : dépanneurs, supermarchés et stations d’essence. La présence de nombreux points de vente autour des écoles qu’ils fréquentent et dans les quartiers où ils vivent augmente les risques qu’ils commencent à fumer.

Les jeunes connaissent certains des effets négatifs du tabagisme, mais cette connaissance est très partielle et l’abondance de commerces qui vendent des produits du tabac autour d’eux leur envoie un message contradictoire.

Les tactiques de l’industrie

Comme le tabac tue un fumeur sur deux, l’industrie doit constamment renouveler sa clientèle. Pour elle, les jeunes constituent des consommateurs de choix, car ils sont plus à risque de devenir dépendants que les adultes et sont susceptibles d’être des fumeurs sur une plus longue période de temps.

Afin d’attirer les jeunes dans ses filets, les compagnies de tabac ont mis au point plusieurs stratégies de marketing, dont celles-ci :

  • Des emballages aux formats et aux couleurs accrocheurs qui font office d’accessoires de mode. L’industrie a d’ailleurs conçu des paquets de cigarettes dont la forme rappelle celle d’un tube de rouge à lèvres ou d’un téléphone cellulaire.
  • Des produits nouveaux qui piquent la curiosité et qui sont présentés comme des gadgets attrayants.
    • En 2012-2013, 34 % des élèves du secondaire au Québec avaient déjà fait usage de la cigarette électronique au cours de leur vie.
    • Environ 20 % des élèves n’ayant jamais fumé la cigarette avaient déjà essayé la cigarette électronique.   
  • Des saveurs qui rappellent les bonbons et qui font oublier les effets néfastes du tabac.
    • En 2012-2013, 31 % des élèves de secondaire 3 à 5 croyaient à tort que la chicha était moins dangereuse pour la santé que la cigarette.

 

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