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Pensées obstacles

Je panique à l’idée d’arrêter de fumer

C’est normal. Surtout si vous avez éprouvé des difficultés importantes dans le passé.

Ici, on souhaite juste vous rappeler des faits importants qui devraient vous aider à vouloir entreprendre, de nouveau, une démarche pour vous libérer de la cigarette. De plus, ces renseignements devraient vous aider à ne pas vous taper sur la tête parce que vous fumez encore.

Arrêter de fumer peut faire broyer du noir

« Est-ce que mes envies de fumer vont cesser un jour ? »

« Je n’ai pas assez de volonté. »

« Je dois être faible de caractère. »

« Je suis toujours à fleur de peau. »

« J’ai toujours envie de pleurer. »

« J’enrage à rien… »

« Je deviens un vrai monstre. », Etc….

Bien qu’il soit tout à fait compréhensible d’avoir ces pensées quand on arrête de fumer, celles-ci nuisent considérablement à votre démarche pour arrêter de fumer.  Vous risquez de vous dire : «Tant qu’à vivre ça, j’suis aussi bien de laisser faire et d’en allumer une ! » 

Alors, pesez sur « pause » et prenez le temps de considérer les renseignements suivants ainsi que les autres de cette section. Vous profiterez ainsi beaucoup mieux de la prochaine section, C’est décidé : j’arrête! 

 

Comprendre l’emprise de la cigarette

Ce n'est pas par manque de volonté ou par stupidité qu'une personne échoue à se libérer de la cigarette, ou retombe sous son emprise après plusieurs années sans fumer. D’autres facteurs sont en cause:

1. L'âge d'initiation à la cigarette

Cerveau d’ado

Près de 80 % des fumeurs adultes actuels sont tombés dans le piège de la cigarette à l'adolescence. À cet âge, le cerveau est encore en plein développement.

Y introduire une substance comme la nicotine, qui agit directement sur des centres importants du cerveau, n’est pas sans conséquence. Par exemple, cela peut entraîner des modifications permanentes, comme une susceptibilité accrue à des problèmes de santé mentale tels que dépression, anxiété, etc.

Des recherches récentes démontrent qu’un grand nombre de jeunes sont prédisposés génétiquement à tomber plus rapidement sous le joug de la nicotine : des symptômes de dépendance apparaissent dès la première cigarette fumée au complet!

Mauvais outil

De plus, l'adolescence est un moment clé pour structurer sa personnalité. Recourir à une substance qui devient rapidement associée à tous les évènements de la vie, en raison de la puissante dépendance physique qu'elle installe, entraîne du même coup une puissante dépendance psychologique.

La cigarette devient alors une béquille tant pour affronter diverses situations difficiles que pour accompagner les autres circonstances de la vie.

Le jeune fumeur ne développe pas, ou peu, les capacités et les stratégies pour composer avec ces situations et les émotions qui les accompagnent.

Pas étonnant qu’à l’âge adulte, se libérer de la cigarette ne soit pas une mince affaire!

2. La durée et la quantité de l'exposition à la cigarette

Plus = négatif

  • Plus jeune on commence à fumer, plus élevé est le risque de fumer beaucoup et longtemps.
  • Plus longtemps on fume, plus grand est le nombre de cigarettes fumées.
  • Plus grand est le nombre de cigarettes fumées :
    • plus élevés sont les risques liés à l'impact des produits toxiques sur le fonctionnement du corps (dépendance physique et maladies);
    • plus grande est l’association entre la cigarette et les évènements de la vie: c’est ce qui crée la dépendance psychologique. Autrement dit, à chaque cigarette, c’est comme si le fumeur ajoute des barreaux à sa prison ou les renforce. Il alourdit le poids de sa dépendance…

Beaucoup = pire

La dépendance psychologique et physique à la cigarette est si puissante qu’il arrive qu’on rechute même après plusieurs années sans fumer. Comment est-ce possible?

  • Une bouffée (« pof, puff ») conduit la nicotine au cerveau en moins de 10 secondes. L’effet est gratifiant : le cerveau libère alors des endorphines et d’autres neurotransmetteurs dits endogènes (= naturels), sources de bien-être.
  • Chaque cigarette procure en moyenne 10 à 12 « pofs ». Le fumeur s’injecte donc autant de fois une drogue (la nicotine) qui lui donne presque instantanément une sensation de bien-être et ce, principalement à cause :
    •  Du soulagement procuré par l’apport de nicotine dans le cerveau en état de manque;
    • Du réconfort psychologique apporté par la cigarette en situation sociale.
  • Combien de fois par jour et par année votre bien-être a-t-il dépendu de cette drogue? Faites le calcul : si vous fumez 10 cigarettes par jour, c’est 100 fois par jour! Pour une année : 100 pofs X 365 =  36 500 fois par année! Si vous en fumez 20, c’est 200 fois/jour, donc, 73 000 fois/année!  Maintenant, multipliez ces chiffres par le nombre d’années où vous avez fumé… Ce n’est pas rien!

Les conséquences

Chacune de ces centaines de milliers de bouffées a été enregistrée par votre cerveau (la situation et l’émotion qui allaient avec!) et par votre corps (la répétition du geste).

Quel est le problème? Chacune d’elles a été associée positivement à ce qui a été vécu à ce moment-là…

Que la situation ait été plaisante, déplaisante ou ennuyeuse, votre cigarette était toujours là pour vous faire sentir bien…

C’est pourquoi on entend certains ex-fumeurs dire des choses comme : « Une bonne cigarette avec un bon café, avec une bonne bière, c’était donc bon », « J’aimais ça fumer ! », « En cessant de fumer, j’ai l’impression d’avoir perdu ma meilleure amie », etc.

En fait, il n’y a aucun lien réel entre la cigarette et toutes ces situations et impressions. Il s’agit seulement d’un conditionnement, d’une programmation, mais très puissante!

Pensez aux athlètes, musiciens de haut niveau qui ont pratiqué des milliers et des milliers de fois : même après leur retraite, ils pourraient encore épater avec la maîtrise de leur spécialité. Eh bien un fumeur, une fumeuse c’est la même chose! Ils ont « pratiqué » leur comportement immensément plus souvent et en plus, dans toutes les circonstances de leur vie…  Il est donc compréhensible que ces deux personnes, « expertes en tabagisme », puissent « trébucher » ou carrément « rechuter » sous l’emprise de la cigarette après des mois ou des années de liberté.

Cette rechute survient parfois lors de joyeuses rencontres sociales, mais surtout lors d’un événement très stressant, voire dramatique.

Votre ancienne « meilleure amie » refera surface instantanément parce que c’est avec elle que vous aviez affronté des situations semblables par le passé.

Considérant tout ce qui précède, invoquer le manque de volonté, la stupidité ou toute autre « faiblesse de caractère » ne tient plus vraiment. Alors inutile de vous taper sur la tête!

Bonne nouvelle : une programmation, aussi puissante soit-elle, ça se change!

Poursuivez votre exploration de cette section afin d’arriver mieux préparé pour la suivante.

Chaque année, des milliers de personnes comme vous se libèrent de l’emprise de la cigarette. Vous en êtes capable également !

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