Actualités

Lois et règlements | Publié le 19 juin 2020

Réaction au déficit historique de 15 milliards : taxons les produits néfastes pour la santé

SE DONNER LES MOYENS D’AGIR POUR PRÉSERVER LA SANTÉ DE LA POPULATION ET CELLE DES FINANCES PUBLIQUES!

Par Capsana • Coalition québécoise sur la problématique du poids • Conseil québécois sur le tabac et la santé • Fondation des maladies du cœur et de l’AVC • Société canadienne du cancer


Montréal, le 19 juin 2020 – À la suite de l’annonce de déficit historique par le ministre des Finances, monsieur Éric Girard, des groupes impliqués dans la lutte aux produits du tabac et des boissons sucrées pour prévenir l’apparition de maladies chroniques, recommandent au gouvernement d’imposer des mesures fiscales sur ces produits nuisibles à la santé et de réinvestir les sommes en prévention. Ces mesures fiscales sont jugées efficaces par l’OMS, contribueront à la fois à la santé de la population et celle des finances publiques. Il s’agit d’une solution gagnante permettant d’assurer une meilleure santé de la population, de réduire la pression sur le système de santé, de permettre des économies substantielles et de générer rapidement des revenus à investir en prévention.

Chaque année, les maladies liées au tabagisme coûtent environ 4 milliards aux contribuables québécois. En sommes, les produits du tabac tuent 13 000 Québécois et hypothèquent la qualité de vie de dizaines de milliers d’autres chaque année. L’obésité quant à elle, coûte annuellement près de 3 milliards de dollars aux contribuables québécois. Une population en santé est une source de dynamisme, d’innovation et de richesse dont la province ne peut se passer. Chaque dollar investi en prévention offre un excellent retour sur l’investissement. La COVID-19, réitère certainement l’urgence de hausser les investissements en prévention des maladies chroniques et de l’obésité pour assurer une meilleure résilience de la population et pour réduire la pression sur le système de santé.

À ce jour, les données disponibles démontrent que, malheureusement, les personnes atteintes de maladies chroniques et d’obésité sont plus vulnérables aux complications de la COVID-19. Ces personnes sont plus gravement et sévèrement atteintes de l’infection.

« La science est claire sur le sujet. La bonne nouvelle c’est que l’on estime que 80 % des maladies cardio-vasculaires prématurées et des cas de diabète de type 2 qui pourraient être évités en adoptant des habitudes de vie favorisant la santé. Nous devons livrer ce message haut et fort, et accompagner les populations dans l’adoption de gestes simples au quotidien. Pour y arriver il faut investir bien davantage en prévention et dans certains cas, il faut créer des incitatifs à adopter des choix santé », souligne Guy Desrosiers, chef de la direction chez Capsana.

Les bouleversements engendrés par la pandémie sont nombreux et les effets sur les habitudes de vie et de consommation de la population sont inquiétants. Déjà, dans les deux semaines suivant l’annonce de l’état d’urgence sanitaire, 25 % des Québécois rapportaient une diminution de la qualité globale de leur alimentation et le tiers indiquaient consommer davantage de malbouffe (boissons sucrées, bonbons, croustilles et fritures). Au début mai, l’enquête de Statistiques Canada indiquait que c’était 35 % des Canadiens qui rapportaient une augmentation de leur consommation de malbouffe. De plus, un sondage Léger réalisé à la fin mars révélait qu’une proportion considérable de fumeurs avaient augmenté leur usage. Même son de cloche préoccupant au niveau du vapotage chez les jeunes, alors que les nouvelles données de l’Enquête canadienne sur le tabac, l’alcool et les drogues chez les élèves, montrent une prévalence de vapotage à plus de 42,7 % chez les jeunes de 4e et 5e secondaire.

La prévention comme moteur de relance économique   

« Quatre cas de cancer sur dix peuvent être évités en adoptant des saines habitudes de vie. La prévention est une stratégie clé pour s’attaquer au cancer. Hausser la taxe sur les produits de tabac et taxer les produits de vapotage sont certainement deux avenues à privilégier pour réduire le taux de vapotage et de tabagisme, tout en procurant au gouvernement des revenus supplémentaires », ajoute Diego Mena, directeur de la défense de l’intérêt public à la Société canadienne du cancer du Québec.

Augmenter les prix du tabac par le biais d’une taxe sur le tabac est la mesure la plus efficace pour lutter contre le tabagisme.  À ce jour, au Québec, la cartouche de tabac est 14$ moins chers qu’en Ontario et 39$ moins cher qu’au Manitoba et le niveau de taxation de ce produit mortel n’a pas changé au Québec depuis 2012. « Malgré l’efficacité de la taxe en matière de cessation tabagique, le Québec est la province canadienne ou la taxe sur les produits du tabac est la moins élevée. Notre devoir de société est d’empêcher les nouvelles générations de s’initier au tabac et aux produits de vapotage et pour y arriver, il faut investir en prévention et en restreindre l’accessibilité. Nul doute que le contexte actuel est propice pour diminuer la consommation de tabac, favoriser la santé de la population et la santé des finances publiques. », rappelle Annie Papageorgiou, directrice générale du Conseil québécois sur le tabac et la santé (CQTS).

Selon l’Institut national de santé publique du Québec, l’obésité abdominale a pratiquement doublé en 30 ans au Québec. On parle maintenant de 1,7 million d’adultes obèses et près de 100 000 jeunes de 12 à 17 ans sont en surpoids. « Aujourd’hui, il n’est plus rare de voir des enfants atteints d’obésité, et même d’obésité abdominale. Cette condition favorise l’apparition précoce de maladies chroniques », déplore Corinne Voyer de la Coalition québécoise sur la problématique du poids. L’ampleur des problèmes de santé associés au surpoids tels que le diabète de type 2, les maladies cardiovasculaires et les cancers est extrêmement préoccupante.

« Les maladies liées au régime alimentaire coutent annuellement près de 26 milliards de dollars et occasionnent plus de 47 000 décès au pays. La COVID-19 réitère certainement l’urgence d’agir pour mettre en place des mesures qui ralentiront la progression des maladies chroniques et qui favoriseront la saine alimentation.  Ensemble, mettons en place des mesures qui favorisent la santé de la population et nous réduirons, par extension, la pression du système de santé sur nos finances publiques », précise Kevin Bilodeau, directeur des relations gouvernementales, Québec, à la Fondation des maladies du cœur de l’AVC.

« Les boissons gazeuses, les boissons énergisantes ou pour sportifs, les thés glacés, les eaux vitaminées, les cocktails fruités, et autres bonbons en bouteille occupent une place démesurée dans l’assiette des Québécois. Elles constituent la principale source de sucre ajouté dans l’alimentation. Une telle habitude est associée à l’obésité, au diabète, aux maladies cardiovasculaires, à certains cancers et à la carie dentaire. Ce sont des produits non essentiels, nuisibles à la santé et à l’environnement. Déjà implantée avec succès dans d’autres juridictions, une taxe sur ses produits et réinvestie en prévention permettrait de réduire la consommation et de soutenir des interventions pour faciliter l’accès aux aliments sains dans les milieux défavorisés », indique Corinne Voyer, directrice de la Coalition québécoise sur la problématique du poids (Coalition Poids).

Depuis des années, les organismes et les professionnels de la santé ne cessent de souligner l’urgence d’investir en prévention. Le système de soins est surchargé et le personnel peine à répondre aux besoins de la population. Pourtant, une solution existe : davantage de prévention. Le gouvernement mériterait d’augmenter la taxe sur le tabac et d’instaurer une taxe sur les boissons sucrées et énergisantes dont les sommes sont réinvesties dans la prévention. Ces solutions fiscales permettraient d’épargner des souffrances et des coûts évitables, tout en désengorgeant notre système de santé.
 

À propos de Capsana

Capsana est une organisation à vocation sociale détenue par la Fondation ÉPIC, qui est liée à l’Institut de Cardiologie de Montréal, et par la Fondation PSI. Connue du grand public entre autres grâce à la campagne annuelle Défi Santé, elle a pour mission d’aider les individus à devenir acteurs de leur santé. Pour en savoir plus, visitez capsana.ca.
 

À propos de la Coalition québécoise sur la problématique du poids

Créée en 2006 et parrainée par l’Association pour la santé publique du Québec (ASPQ) depuis 2008, la Coalition québécoise sur la problématique du poids réunit plus de 700 partenaires qui visent l’adoption de politiques publiques à l’égard des problèmes reliés au poids. Elle agit pour favoriser la mise en place d’environnements facilitant les choix santé et la prévention des problèmes de poids. Pour plus de détails, cqpp.qc.ca.

L’ASPQ regroupe citoyens et partenaires pour faire de la santé durable une priorité. Depuis 1943, elle documente, informe, sensibilise et mobilise afin de promouvoir la santé et prévenir différentes maladies.
 

À propos de Cœur + AVC

La vie. Ne passez pas à côté. C’est pour cette raison que Cœur + AVC mène la lutte contre les maladies du cœur et l’AVC. Nous devons propulser les prochaines découvertes médicales afin que les gens au pays ne passent pas à côté de moments précieux. Ensemble, nous prévenons les maladies, préservons la vie et favorisons le rétablissement grâce à la recherche, la promotion de la santé et des politiques publiques. 
coeuretavc.ca
 

À propos du Conseil québécois sur le tabac et la santé

Véritable chef de file dans son domaine, le Conseil québécois sur le tabac et la santé œuvre depuis plus de 41 ans à enrayer la première cause de mortalité évitable au Québec, le tabagisme. La vision du CQTS : un Québec sans tabac! Ses actions mobilisatrices de prévention, de sensibilisation et de cessation du tabagisme ont contribué à améliorer significativement la santé des Québécois. L’organisme coordonne plusieurs programmes en milieu scolaire et communautaire, des campagnes sociétales, en plus d’œuvrer à la prévention de la consommation du cannabis et des produits de vapotage chez les jeunes.
 

À propos de la Société canadienne du cancer

La Société canadienne du cancer (SCC) est le seul organisme de bienfaisance national à soutenir les personnes touchées par tous les types de cancer, dans les communautés de l’ensemble du pays. Aucune autre organisation ne fait la même chose que nous. Nous sommes la voix des femmes et des hommes qui ont le cancer à cœur. Nous finançons des projets de recherche novateurs, nous fournissons un réseau d’aide pour toutes les personnes touchées par le cancer, et nous favorisons l’adoption de politiques de santé qui aident à prévenir le cancer et soutiennent les personnes qui sont atteintes de la maladie.

− 30 –

Pour toute demande d’entrevue, contactez :

Corinne Voyer
Directrice, Coalition québécoise sur la problématique du poids
Téléphone : 514 598-8058, poste 242
Cellulaire : 514 566-4605
cvoyer@cqpp.qc.ca


Annie Papageorgiou
Directrice générale, Conseil québécois sur le tabac et la santé
Téléphone : 514 948-5317, poste 233
apapageorgiou@cqts.qc.ca
 

Kevin Bilodeau
Directeur, Relations gouvernementales, Fondation des maladies du cœur et de l’AVC
Téléphone : 514 799-2567
kevin.bilodeau@coeuretavc.ca