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Lois et règlements | Publié le 18 juillet 2017

Levons notre verre à la 2e saison des terrasses sans fumée!

Crédit : Bowdenimages, Thinkstock
Crédit : Bowdenimages, Thinkstock

Depuis le 26 mai 2016, il est interdit de fumer sur les terrasses des bars et des restaurants. Pour une seconde année, les Québécois peuvent donc se vanter de pouvoir boire et manger sans craindre d’inhaler involontairement la fumée de tabac de leurs voisins de table.

Après l'Ontario, le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse, Terre-Neuve et l'Alberta, le Québec est la sixième province canadienne à avoir mis en place une telle mesure. Devant les innombrables sources de pollutions présentes dans l’environnement, encore beaucoup de gens sont sceptiques face aux dangers que pose l’exposition à la fumée secondaire dehors, sur les terrasses.

Cocktail mortel

À l’extérieur, la fumée de tabac ne se dissipe pas momentanément comme on pourrait le croire. Lorsqu’une personne fume dehors, la fumée qui se dégage de sa bouche et de sa cigarette s’élève, puis redescend, sans vraiment se diffuser. Dans un lieu extérieur, comme une terrasse où plusieurs fumeurs peuvent être réunis, cela peut créer rapidement un environnement problématique pour la clientèle et les travailleurs.

Bien entendu, le niveau de danger lié à l’exposition à la fumée secondaire sur les terrasses varie.  Dépendamment du nombre de fumeurs présents et de leur proximité, du temps passé sur place ainsi que du niveau de cloisonnement des lieux, les risques pour la santé des non-fumeurs diffèrent. Toutefois, il reste qu’aucun seuil d’exposition n’est sécuritaire.

La fumée secondaire contient 7 000 produits chimiques dont environ 69 sont reconnus cancérigènes. Aussi, comme elle est produite à une très basse température, certains de ces composants, comme le formaldéhyde et l’ammoniac, sont présents en plus grande quantité dans celle-ci que dans la fumée inhalée par les fumeurs.

L’Organisation mondiale de la Santé a établi des standards de qualité de l’air. Selon elle, l’exposition aux particules fines de diamètre égal ou inférieur à 2,5 micromètres par mètre cube d’air ne devrait pas excéder 25 pour une période de 24 heures. Avant que l’interdiction de fumer sur les terrasses des bars et des restaurants voie le jour, le chercheur Ryan Kennedy, de l'Université Johns Hopkins de Baltimore, est venu à Montréal pour étudier les niveaux de qualité de l'air sur différentes terrasses de la rue Sainte-Catherine. Son appareil a alors enregistré une concentration de 415 µg/m3 sous un auvent et de 1 037 µg/m3 sous un parasol, et ce, sans circulation automobile dans la rue. Ces chiffres alarmants sont 6 et 15 fois plus élevés que ceux détenus par les épisodes de smog à Los Angeles, dont la moyenne est de 70 particules fines par mètre cube.

Ainsi, l’interdiction de fumer sur les terrasses des bars et des restaurants va bien au-delà de l’odeur et de l’inconfort ressenti par les non-fumeurs. En réalité, son but premier vise à protéger la santé de ces derniers, qui risquent de développer ou d’aggraver des troubles de santé s’ils sont exposés trop souvent à la fumée secondaire, comme les travailleurs de l’industrie de la restauration et des bars.

Amendes salées

Des contraventions pour les personnes refusant de se plier au règlement : 

  • Un fumeur pris en train de consommer une cigarette sur une terrasse est passible d’une amende variant entre 250 $ et 750 $, s’il s’agit de sa première infraction. Dans le cas d’une récidive, celle-ci peut augmenter.
  • Le propriétaire d’un établissement qui n’applique pas l’interdiction de fumer sur la terrasse de son bar ou de son restaurant peut recevoir une facture se détaillant entre 500 $ et 12 500 $. En cas de récidive, ces dernières sont doublées.

Alors, sur quelles terrasses irez-vous casser la croûte et respirer de l’air frais cet été?