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Lois et règlements | Publié le 4 décembre 2018

Promotion des produits de vapotage : le gouvernement fédéral doit mieux protéger les jeunes

gettyimages: chris_tefme
gettyimages: chris_tefme

Assisterons-nous à une prolifération de publicités de type « style de vie » pour la cigarette électronique? C’est ce que redoutent des groupes de santé qui pressent Santé Canada de faire respecter la loi et d’élaborer dans les plus brefs délais des règlements visant à protéger les enfants canadiens de toute publicité sur les produits de vapotage. 

Le pouvoir de réglementer le tabac et la nicotine est actuellement partagé entre les gouvernements fédéraux et provinciaux. Ainsi, au Québec, la cigarette électronique est assujettie à la Loi concernant la lutte contre le tabagisme, adoptée en 2015. Il est permis de faire de la promotion seulement dans les imprimés ayant un lectorat principalement adulte afin de protéger les jeunes face à des produits qui créent une très forte dépendance. Dans le reste du Canada, on peut promouvoir les produits de vapotage dans tous les médias, pourvu que les annonces ne fassent pas référence à un style de vie et ne soient pas attrayantes pour les mineurs.

Depuis la fin de l’été, Imperial Tobacco diffuse à la télévision une publicité très attrayante pour sa marque Vype sur le marché canadien. Or, Santé Canada n’a pas pris de mesures coercitives à l’égard de la multinationale, ce qui risque fort d’inciter d’autres fabricants de cigarettes électroniques à en faire autant, ont dénoncé par voie de communiqué la Coalition québécoise pour le contrôle du tabac, Médecins pour un Canada sans fumée, Ontario Campaign for Action on Tobacco et Action on Smoking & Health (Alberta).

Un fort engouement chez les jeunes

Déjà, la cigarette électronique exerce un fort attrait chez les jeunes. Avant même la légalisation des produits de vapotage en mai 2018, l’Enquête canadienne sur le tabac, l’alcool et les drogues chez les élèves (ECATDÉ) de Santé Canada indiquait une augmentation de 75 % du vapotage chez les adolescents au cours des deux années précédant 2017, allant même jusqu’à doubler dans certains provinces.

« Ces enfants font face à un risque réel de dépendance à vie et à un risque accru de devenir fumeurs », a déclaré Les Hagen, directeur général de Action on Smoking & Health. « De nouvelles études montrent que les jeunes qui vapotent sont jusqu’à quatre fois plus susceptibles de consommer la cigarette. » Par ailleurs, l’efficacité des produits de vapotage comme outils de cessation est de plus en plus remise en question. Certaines études indiquent plutôt qu’elles réduisent les probabilités de cessation chez une majorité de fumeurs.

Du côté de la Food and Drug Administration

Selon les groupes de santé, l’approche de Santé Canada tranche avec celle de la Food and Drug Administration (FDA). Le 15 novembre 2018, l’agence fédérale américaine a annoncé une série de mesures dont l’interdiction des ventes de cigarettes électroniques aromatisées sur Internet pour contrer les produits de vapotage destinés aux jeunes, comme JUUL. Ces organismes font valoir que l’approche du Québec est la plus sensée pour contrer le vapotage chez les jeunes. Ils demandent également à Santé Canada de protéger tous les jeunes Canadiens contre ces produits pouvant engendrer une très forte dépendance, quel que soit leur lieu de résidence. Une mesure élémentaire de prudence!